La vie retrouvée des voituriers tirachiens / 23
Tirachiens et galvachers /2

On pourrait penser que Tirachiens et Galvachers se sont succédés, dans le temps: "à partir de 1848 et surtout après le coup d'État de 51, lorsque Napoléon III fit entreprendre la réalisation du programme ferroviaire de 1842, la "galvache" connut une période de prospérité soudaine" Henri Vincenot mais on trouve des Galvachers débardeurs de bois, loin de leur foyer, dès le début du XVIII° siècle, comme les Thiérachiens: "Pierre Matthieu, voiturier par terre, né le 1er juillet 1736, venait de Quarré les Tombes dans le Morvan. Il s'était installé à Courmont dans le Tardenois, au sud de l'Aisne." généalogie Matthieu

Si j'ai pu pister quelques Bourguignons à la Chapelle Rablais, je n'ai pas découvert de traces de galvachers du Morvan autour de la forêt de Villefermoy (il y en avait peut être, que je n'ai pas remarqués). Le terme "Galvacher" ne figure d'ailleurs pas dans les dictionnaires de patois briard, tant chez Bourquelot que chez Diot, où l'on trouve, par contre, le terme "Thiérachien", alors qu'en d'autres lieux, les deux groupes sont connus: "les Thiérachiens, les Bourguignons qui font cent lieues pour venir avec leurs boeufs débarder nos ventes de bois à la barbe des Laboureurs..." Vues patriotiques d'un laboureur

L'autre hypothèse est un partage des territoires entre les voituriers du Morvan et ceux de la Thiérache. On a relevé la présence de "Tirachiens" en Brie centrale, d'où je tire la plupart des traces d'archives: en forêt de Villefermoy, la Chapelle Rablais, la Chapelle Gauthier, les Ecrennes... et, des mêmes familles, en forêt de Crécy, à Mortcerf, Hermières, Favières; dans les bois de Sourdun et autour de Chenoise. Plus loin, on en a trouvé dans la forêt d'Halatte, dans la forêt Saint Gobain, à "Croix en Picardie, près Compiègne" à "Premont, département de Senlis", à Fourdain et Crépy en Laonnois. Des familles se sont installées dans la Marne exploitant la forêt de la Traconne, au Gault Soigny et au Meix Saint Epoing, d'autres vers Anglure... Des "Luxembourgeois" étaient actifs dans les bois de Montargis. D'autres encore, proches de Villers Cotterêts...
Quelquefois, même, des Thiérachiens venaient frôler les terres du Morvan: "Dans d'autres régions, l'Yonne moyenne, la forêt d'Othe en particulier, mais aussi dans les bois d'Aube, les voituriers venaient de beaucoup plus loin: de Thiérache aux environs de Vervins dans l'Aisne." Jean Fromageot

revoir les pages 14 & 15: "dans les forêts d'Ile de France"

"Les lieux où ont travaillé les charretiers du Morvan sont variés et plus ou moins éloignés du pays. Bien sûr ceux qui figurent dans le "chant des galvachers" et qui sont finalement à proximité, dans le Cher, l’Yonne, la Nièvre.
Par contre certains sont allés beaucoup plus loin : dans le nord de la Côte d’Or, l’Aube, La Marne, la Haute-Marne, en Normandie même, à Thury-Arcourt (Calvados), le Nord, la Lorraine, les Ardennes... Ils se dirigeaient sur les ports de bois et le plus souvent à Dormans, Mussy et Crissée (Marne) ; Montereau, Brisson, Saint Fargeau, Saint Sauveur (Yonne) ; Saint Germain des Bois, Dijon (Côte d’Or) ; Autun (Saône et Loire) ; Bourbon l’Archambault (Allier) ; Châtillon sur Loire (Loiret)."
lemorvandiaupat.free.fr/galvachers.html

Carte des déplacements des galvachers sur le site le Morvandiaupat

Pour illustrer mes recherches sur les Thiérachiens et celles d'autres curieux d'Histoire sur les galvachers, j'ai établi une carte en profitant de la puissance de Google Maps, car il m'était techniquement difficile de proposer un plan à une échelle assez grande pour avoir une vue générale et pourtant assez précis pour zoomer sur les détails.

Agrandir le plan ci-dessous en utilisant la molette de la souris ou la touche + du clavier; s'armer de patience, si, comme moi, votre connexion n'est pas très véloce...
déplacer la carte quand le curseur prend la forme d'un poing
cliquer sur les puces du plan quand le curseur pointe du doigt

Pour résumer, une puce verte représente un lieu fréquenté par des Thiérachiens, une puce rouge, par les voituriers bourguignons.
Quand les listes sont un peu trop longues (par exemple, en cliquant sur Momignies ou la Chapelle Rablais), on aura intérêt à consulter la carte sur le site externe de Google.

Lien vers la carte de localisation des voituriers sur le site Google Maps, avec liste des lieux

  Massif forestier
  Voituriers "thiérachiens"
  Voituriers bourguignons "galvachers"
  Charbonniers et marchands de charbon
  Flotteurs de bois
  Port au bois
  Lieux d'origine des Thiérachiens
Sur cette carte, ne figurent que des voituriers retrouvés dans les actes d'archives. Je me suis concentré sur les voituriers découverts en Seine et Marne et leur famille dispersée, dans la Marne, l'Aisne et évidemment le Hainaut; le collègue qui piste les galvachers s'est concentré sur les Bourguignons retrouvés près de la Marne; ce qui n'exclut pas, quelques découvertes hors du territoire de chacun. Il est certain que d'autres lieux étaient fréquentés, tant par les Thiérachiens que les Galvachers et que nous n'avons pas la prétention d'avoir tout découvert, peut être pouvez-vous nous aider?
Comme les Thiérachiens, les galvachers ont suivi une migration annuelle, revenant au village, la saison de débardage terminée. Et comme eux, certains ont choisi de se fixer sur leur lieu de travail et d'y fonder une famille.
J'ai relevé la trace de deux centaines de voituriers, dont près de la moitié pouvant être qualifiés de "thiérachiens"; le recensement des Bourguignons en Champagne en fait apparaître aussi une centaine concernant des voituriers, les "galvachers" parmi les mille actes de l'enquête.
D'autres concernent des gens de rivière, originaires du Morvan, flotteurs de bois ou mariniers délaissant les "margotats" de l'Yonne pour les bateaux "Marnois", en concurrence avec les "matuchins" de l'Ourcq et les "oualous" venus des Vosges travailler en Lorraine, tous gens de rivière.

Etude de Bernard Matthieu sur le site de Quarré les Tombes (pdf)
Lien vers le fichier des voituriers bourguignons en Champagne (pdf)


 Doc: Momignies: album de Croÿ et dénombrement
 Doc: Brie Hainaut, mobilité des populations
 Doc: Thiérachiens dans le Morvan
 Doc: article de Janine Lemoine sur ce site
   

  Les passeports, page des choix

  Suite: les métiers de la forêt

 

   Courrier

Bien que des Galvachers se soient rendus à Montereau, (en forêt de Fontainebleau et autres lieux que je n'ai pas recensés) et que des Boeuftiers aient fréquenté les mêmes chemins que les Tirachiens en Brie, les actes découverts ne mettent en évidence qu'une seule région où les puces rouges des Bourguignons et les vertes des Thiérachiens se mêlent: les forêts entre Château Thierry et Epernay dont les bûches étaient dirigées vers la Marne aux ports de Dormans, Mareuil, Damery, Chartèves, Barzy... près desquels on trouve aussi des gens de rivière originaires du Morvan. Des voituriers bourguignons s'y fixèrent en grand nombre; de leur côté, les Thiérachiens y étaient suffisamment connus pour avoir donné leur nom à un carrefour forestier: la "lune des Tirachiens". Quels étaient leurs rapports? Bons compagnons ou frères ennemis ? Dans l'état actuel de mes recherches, j'avoue que je n'en sais rien. Il faudrait consulter les rapports de police de l'Aisne et de la Marne pour le début XIX° et il faut dire que les archives de Laon ou Reims me sont un peu lointaines.

La géographie les avait séparés, les uns venant du Nord, les autres du Sud, cependant, l'Histoire a su les rapprocher: certains Morvandiaux étaient Thiérachiens! Pour le comprendre, il faut faire un bond en arrière de deux cents ans avant l'époque des voituriers "tirachiens"...

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A la fin du XVI° siècle et au début du XVII°, les princes de Chimay eurent le désir de mieux connaître leurs sujets et les lieux qu'ils habitaient. Pour les villages, Charles III de Croÿ chargea Adrien de Montigny d'en peindre la vue cavalière; le peintre fit ainsi 2.500 gouaches dont je reproduis la vue de Momignies avec l'autorisation du directeur de la collection. Le secrétaire du Prince, François Liénard établit les inventaires des ressources des villes et villages connus sous le nom de "Besognés de Croÿ".

Lien externe: Charles de Croy et ses albums

Puis en 1616 eut lieu le dénombrement de la Principauté "concernant combien de laignes et fagots il convient a chacun manant" autrement dit la quantité de bois à prévoir pour chaque ménage, par exemple, à Chimay: "Laurent Polchet, aussy eschevin et brasseur, sa femme, six enfants et une machine avec quatre porcs et deux vaches xxv cordes et un cent de fagots pour brasser xv cordes."
Un peu de vocabulaire: la corde de laigne est une mesure de bûches et la machine ou meschine n'est qu'une servante.

Momignies: album de Croÿ et dénombrement

Le recensement prouve une très forte mobilité de la population de la région de Chimay, dont le Prince exagérait cependant l'importance: "infinité d'estrangers, plus que le double de ceux qui estoient en résidence" Emile Dony bulletin de la commission royale d'histoire, Bruxelles 1907, j'en détaille quelques aspects à la page "mobilité des populations" avec les textes concernant Momignies et Beauwelz, agrémenté de gouaches à la page "Momignies, album de Croÿ et dénombrement de la principauté de Chimay"

Brie Hainaut, mobilité des populations
Momignies au début XVI°, album de Croÿ et dénombrement de la principauté de Chimay

Le relevé à la plume réalisé par "l'ingénieur" du prince de Chimay venu "audit Momegnies pour rethirer et faire la pourtraicture dudit village" montre un autre aspect du bourg: l'église elle-même n'est pas fortifiée comme dans la Thiérache -notons tout de même, sur la gouache, des hourds visibles sur l'agrandissement et un point de vue qui cache les restes d'un "fort"- par contre, sur le dessin à l'encre, le cimetière possède de solides murailles flanquées de tours que relient des courtines. Ce cimetière était un vrai château fort !

Encadrées de fleurs et de fruits, les gouaches montrent des villages paisibles; les plans du "Besogné" révèlent ici ou là une tour de défense au milieu d'un village ou près d'une petite usine, près d'un moulin à eau, mais, sur les panoramas, on voit plutôt des paysans au travail, des cavaliers tranquilles, des marcheurs avec chien et long bâton, des chasseurs à faucons...

voir des exemples de défenses à la page "du Hainaut à la Brie"

Les habitants de Momignies s'y réfugièrent peut être en 1595 -une invasion de plus!- quand les troupes françaises y vinrent guerroyer contre l'Espagne: "déclaration de guerre du roi de France Henri IV à Philippe II le 17 janvier 1595, et avant les passages dévastateurs des troupes françaises au cours de cette année et des suivantes jusqu'à la paix de Vervins en 1598."
Notice de Momignies
J.-M. Duvosquel Albums de Croÿ Bruxelles Crédit Communal 1988

Ajoutons à ceci deux crises économiques qui touchèrent les petites gens de cette région: pour régénérer leurs coupes, "les seigneurs terriblement endettés récupérèrent des cantons boisés, autrefois cédés aux communautés... frustrant des centaines de villageois de leurs ressources."
L'exploitation du fer de la botte du Hainaut qui employait cent hommes par fourneau et trente par forge devint moins rentable: "la concurrence de Couvin qui disposait d'un minerai de très bonne qualité et produisait un métal recherché alors que les fourneaux et forges de la région, faute d'un minerai équivalent, ne commercialisaient qu'un fer dur et cassant, perdirent leur clientèle et s'éteignirent, entraînant les "férons" dans la misère. Les charretiers avaient moins d'ouvrage, leur nombre diminuait sérieusement. Certains avaient été contraints d'émigrer."
Janine Lemoine " Une émigration oubliée, Des Thiérachiens dans le Morvan"

Ci contre, le fort et le fourneau de Beauwelz tels qu'ils figurent dans l'album de Croy.

Nombreux étaient les Thiérachiens que rien n'attachait plus à leur terre (incertitude entre deux périodes de guerre, pauvreté des terres, crise économique, afflux de population déracinée...)
Certains de ne pas trouver l'Eldorado dans le rude Morvan, des familles choisirent pourtant d'y émigrer au début du XVII° siècle.
La province n'était pas inconnue: Morvan et Hainaut avaient tous deux fait partie de l'Etat bourguignon jusqu'à l'orée de la Renaissance:
"À son apogée en 1477 sous Charles le Téméraire, cet ensemble comprend deux groupes de territoires séparés par les domaines des ducs de Lorraine : les Pays-Bas et les deux-Bourgognes. Comme la cour réside dans les Flandres, on les appelle respectivement pays de par-deçà (duchés de Brabant, Gueldre, Limbourg, Luxembourg, comtés d'Artois, Boulogne, Flandre, Hainaut, etc...) et de par-delà (au-delà de la Lorraine: Duché et comtés de Bourgogne, Charolais, Mâcon, Auxerre...)"

Lien vers l'article de Wikipédia

"Olivier de Chastellux, qui avait combattu au service d’Henri IV, et possédait une grande partie de cette contrée, fit venir en 1612 des colons de la Thiérache, pays qui avait été ravagé par les guerres, afin de défricher la forêt et de valoriser ces terres ingrates. " V.B. Henry, curé de Quarré les Tombes
Précisons: "Une opération massive... fut le transfert, au XVIIe siècle entre la Picardie et les confins nord de la Bourgogne de populations désoeuvrées du fait des guerres qui avaient ruiné le pays. Elles peuplèrent une grande partie de Quarré-les-Tombes. Olivier de Chastellux qui possédait des étendues considérables de bois sur cette paroisse fit venir un contingent important de population en provenance de Thierache en 1612 ; on les appelait alors des colons, on pense même que, parmi eux, il y avait des prisonniers."
Henriette Dussourd, Les Communautés familiales agricoles du centre de la France

Ci dessous, le château de Chastellux sur Cure et le tombeau d'Olivier de Chastellux dans l'église de Quarré les Tombes.

Un peu plus tard, en 1653, un autre seigneur, Jean Sébastien le Prestre (le maréchal de Vauban, né à sept kilomètres de Quarré-les-Tombes), fit venir de cette même Thiérache qui n'est pourtant faite que de quelques cantons, une famille Brizard pour défricher. Elle prospéra mais sans vivre vraiment en commun. Elle resta groupée en un village qui compta jusqu'à treize feux, dépassant un rassemblement de quatre-vingt-dix personnes. Le village des Brizards porte encore leur nom pluralisé tandis que les Ruelles, les Chereaux, les Mathieus, Les Lamberts, les Guichards, les Valtats conservent encore le souvenir des familles transplantées." Henriette Dussourd
D'autres familles ont été recensées, voir la page:

doc: Thiérachiens dans le Morvan

"Usmé Rebo, résident puis huit ans, ne sçachant d'où il est natif... La Vefve Gilles Clément, remariée, ne sçachant le nom de son marit... Le beaufilz Mathieu Bode, ne sçachant son nom, néantmoins Liégeois venu depuis deux ans..." A Momignies, en 1616, tous ne connaissaient pas leur lieu de naissance et quelquefois même ignoraient leur nom ! Qu'en était-il des migrants du Morvan?
Qui étaient-ils?
Des auteurs les voient parmi eux d'anciens prisonniers: "on les appelait alors des colons, on pense même que, parmi eux, il y avait des prisonniers" voir ci-dessus; d'autres penchent pour d'anciens soldats: "à Quarré, les habitants des hameaux limitrophes de la forêt domaniale au Duc se souviennent que leurs ancêtres, des soldats guerroyant avec Olivier de Chastellux, reçurent de celui-ci des terres incultes à charge pour eux de les défricher, d’y bâtir leur maison, de verser une contribution aux comtes et de participer à la garde du château. Ces colons arrivés de la Thiérache ont fait souche et leurs descendants exhibent cet attachement ancien au château, comme s’il leur conférait une parcelle de noblesse." Marc Abeles D'autres auteurs penchent pour des paysans: "les Bois de Chastellux furent défrichés par des paysans de la Thiérache, qu’Olivier de Chastellux attira pour peupler ces cantons déserts." abbé Courtépée 1781 En l'absence de certitude, une colonie de Picards fera l'affaire: "Ce seigneur avait amené avec lui, cinq ans auparavant, de la Thiérache, pays ruiné par les guerres, une colonie de Picards, hommes, femmes et enfants, auxquels il donna des terres à défricher dans diverses parties de ses seigneuries de Marigny l’Eglise et Quarré les Tombes. C’est ainsi qu’ont été fondés les hameaux de Queuzon, des Bois de Chastellux et des Champs de Bornoux." abbé Baudiau le Morvand 1865

L'incertitude demeure sur les origines exactes des "Thiérachiens" du Morvan de 1612. Origines au pluriel car leurs provenances pouvaient être diverses. Janine Lemoine, auteur d'une étude sur ces migrants, cite l'abbé Palant et donne cette précision relevée dans "La monographie de Marle" de cet abbé : au XV° siècle... "Les habitants de nos contrées s’étaient réfugiés en si grand nombre dans le Hainaut, la Flandre, le Cambraisis, le pays de Liège et de Namur…"

De quel bourg sont-ils originaires? On peut essayer de trouver des correspondances dans les familles qui sont restées dans la principauté de Chimay puisque le dénombrement eut lieu quatre ans seulement après le départ des colons. Des noms se retrouvent ci et là, mais aucun bourg ne ressort clairement. J'ai aussi essayé de rapprocher les Thiérachiens du Morvan, début XVII° siècle, des Thiérachiens de Brie, fin XVIII°, en sachant que les noms ont pu se modifier (par exemple, on est certain que Penpin a évolué en Pompon, dans le Morvan) et en tenant compte de la prononciation particulière des gens du Nord (voir plus loin à la page Nomades et sédentaires) Quelques familles ressortent: Colinet, Pupin qui provient certainement aussi de Penpin, on trouve Mahieu pour Mathieu, Desruelles pour Ruelz et quelques autres encore.

Quelques Morvandiaux ayant repris le baluchon pour se fixer sur les bords de la Marne, peut être ont-ils rencontré, sans les reconnaître de très lointains cousins; on espère que les Galvachers aux boeufs et les Tirachiens aux chevaux surent travailler en bonne harmonie comme ces boeufs et ces chevaux attachés au même chariot...

(P.S. Le monde est petit: il est possible que des hommes d'armes de la Chapelle Rablais aient participé aux ravages dans le Hainaut qui lancèrent sur les routes les Thiérachiens du Morvan: en 1542, Antoine de Brichanteau, seigneur de Nangis dont dépendait la paroisse de la Chapelle Rablais... "se trouva à la prise de l'Andrecy, et, depuis, au ravitaillement d'icelle ville, à la prinse de Trélon, Glaion et Couvins... Si très fort était-il redouté au camp ennemi que les plus hardis d'entre eux, entendant le vent de sa furieuse approche, aimaient mieux faire largue, et laisser fendre la presse.") André Thevet: Portait des hommes illustres, dédié au roi Henri III