Deux cent un papiers jaunis gardent la mémoire des voyageurs de la première moitié du XIX° siècle: ceux qui devaient s'éloigner du village, ceux s'y rendaient ou ceux qui ne faisaient qu'y passer, faisant renouveler leur papier à la mairie.

Passe- Port: Ordre par escrit donné par le Souverain, ou par celuy qui a pouvoir de luy, pour la liberté & la seureté du passage des personnes, des hardes, des marchandises.

dictionnaire de l'Académie Française 1694

PASSEPORT, (Hist. mod.) c'est une permission ou des lettres d'un prince ou d'un gouverneur, qui accordent un sauf-conduit ou la liberté de passer, d'entrer & sortir de leur territoire librement & sans être inquiété.
Le passeport proprement dit, ne se donne qu'aux amis ; on donne des sauf-conduits aux ennemis.

Encyclopédie Diderot d'Alembert, fin XVIII° siècle


Retour: les passeports, page des choix
Suite: les formalités...

Qu'est-ce qu'un
Passeport pour l'Intérieur?

En plus d'être une lettre ou brevet d'un prince ou d'un Commandant pour donner liberté, seureté, & saufconduit à quelque personne pour voyager, entrer, & sortir librement sur ses terres, pour le dictionnaire de Furetière, 1690, se dit aussi figurément des qualités, privilèges, ou caractères des personnes, qui les font passer ou recevoir en plusieurs lieux. Cet homme est galant, agréable, il a son passeport, il passe partout. Ceux qui portent les livrées du Roy ne payent rien sur les ponts, ils ont leur passeport. Une fille qui est laide, ou âgée, a liberté d'aller partout sans soupçon, elle a son passeport.
dcitionnaire de Furetière 1690
Grand dictionnaire universel du XIX° siècle Larousse

Dans le monde un peu clos d'une paroisse paysanne, celui qui ne voyageait pas n'avait pas à prouver son identité. Il était connu de tous: la parole de deux témoins suffisait à justifier de son identité, en cas de besoin. Sous l'ancien régime, seuls ceux qui recevaient un sacrement religieux laissaient leur trace sur les registres.
Les voyageurs, les vagabonds, les errants représentaient un danger pour l'ordre établi, il convenait alors de les contrôler. Aboli en 1791, l'usage du passeport pour l'intérieur fut à plusieurs reprises rétabli jusque vers 1860 où il tomba en désuétude sans vraiment avoir été officiellement supprimé. Les faits graves qui auraient justifié ce rétablissement en 1834/35 étaient les suivants: bataille de rues des 13 et 14 avril 1834 à la suite d'émeutes populaires à Paris et à Lyon, procès des deux mille prévenus à partir du 16 décembre. Il est cependant un fait remarqué par ceux qui ont la pratique de ce domaine sécuritaire: jusqu'à la fin du Second Empire, le passeport intérieur fut demandé, sans réglementation spéciale, de tous les voyageurs "à pieds", ouvriers, journaliers, saisonniers, allant de ville en ville à la recherche d'un emploi, qui étaient considérés par les autorités comme faisant partie de la classe dangereuse pour le pouvoir et les municipalités.
Extrait du courrier des lecteurs de la Revue Français de Généalogie n°164, juin juillet 2006 où le site de la Chapelle Rablais est cité p 28: les itinérants dans la rubrique Cybergénéalogie.

Grand dictionnaire universel du XIX° siècle Larousse