Zones d'ombre dans la vie
d'Etienne Labarre, marchand de bois.../ 3

Les vingt ans qui suivirent le retour de Martinique d'Etienne Labarre lui furent fastes. Richesse: bourgeois de Paris, il rachète le domaine de son enfance, étend ses terres, s'associe pour exploiter des coupes de bois... Position sociale: représentant du Châtelet pour les cahiers de doléances, administrateur du département, juge de paix... Famille: naissance de deux filles, beau mariage de Madeleine, 21 ans avec Adrien Joseph Hippolitte Delacourtie, propriétaire, qui sera maire de Melun en 1835... Les années suivantes seront plus mouvementées.

"...la société qui a existé étant défunte par un jugement arbitral du sept prairial an dix, qui a constaté l'état de la société et établi le Sr Labarre débiteur de sommes considérables."
Jugement en appel du 24 prairial an XII, 13 juin 1804, cité par la veuve Milly

La dissolution de "la société pour l'exploitation de coupes de bois de Montgirard et autres" ne se fit pas sans heurts; Labarre et Milly étaient encore en procès quand Louis-Lézin décéda, le le 5 fructidor an XII, 23 août 1804. L'associé d'Etienne Labarre, devait percevoir un reliquat de 23.125 livres, sans compter une créance de 5.000 livres du sieur Delabarre qui n'est autre qu'Etienne Labarre. Le décès de Milly laissa en suspens le réglement de la dette, pour le plus grand dam de son épouse...

 

 

On peut dire que le citoyen Labarre ne manquait pas d'air: après avoir été en procès pendant deux ans avec Louis Lézin de Milly, il s'empressa de tenter de rafler la tutelle de ses enfants, pour leur plus grand bien, évidemment, tout en précisant de mettre sous scellés "les papiers délaissés par Monsieur Milly" qui révélaient ses dettes.
S'ensuivirent quatre jours de recours devant Marie Michel Fariau Juge de paix du 7e arrondissement et Huet son greffier, tant du côté Labarre représenté par l'avoué Pierre Malafait que de celui de la veuve, Adrienne Douillon assistée de son avoué Pierre Nicolas Delamotte.

10 fructidor an XII: La veuve Milly s’oppose formellement à l’apposition des scellés par réquisition de Labarre qui n’a ni droit ni qualité pour cela. Labarre ne peut justifier un acte aussi arbitraire. Malafait répond que le code civil prévoit la nomination d’un subrogé tuteur dans la ligne de succession, donne à tous les parents le droit de requérir aux mesures conservatoires, le plus urgent étant l’apposition des scellés. La Veuve Milly ne peut nier que Labarre est parent paternel de par son épouse et pourrait le prouver, déclare-t'il.
La Veuve réplique qu’elle n’a jamais connu le sieur Labarre comme parent de ses enfants que d'ailleurs l’art. [blanc] prononçant l’exclusion même des conseils de famille contre tous ceux qui ont avec les mineurs un procès dans lequel leur fortune et une partie de leurs biens sont compromis. Ledit sr Labarre ne pourroit même comme parent, qualité qu’elle ne lui accorde aucunement, requérir l’apposition des scellés. Actant que le Sr Labarre doit faire la preuve de sa parenté alléguée, juge préférable de procéder à l'apposition des scellés chez Milly. Apposition des scellés jusqu'à onze heures sur les portes et les volets. S'organise un conseil de famille, qui se tient le jour même à 4 heures de l'après midi pour la désignation du subrogé tuteur des enfants, le Sr Comminges, commissaire de police de la division de la Butte des Moulins à Paris (Quartier du Palais Royal). La dame Milly s’étant retirée furent appelés: du côté maternel: Pierre Augustin Douillon, grand oncle, rue notre dame des Victoires, propriétaire, Pierre Philippe Gabriel Lavoipierre, cousin par alliance, cultivateur, Stanislas Champein, ex administrateur du Bureau Central; du coté paternel: Jean François Comminges, commissaire de police, Pierre Scholastique Laborde, ancien garde magasin au cap Français de St-Domingue, Michel Mercadier, médecin accoucheur. Les comparants reconnaissent "qu’il est de notoriété publique que depuis trois ans, le Sr Labarre, que d’ailleurs ils ne croient pas parent ou ami des mineurs, est en contestation réglée avec le défunt..."
Le 11 fructidor, un inventaire est prévu pour le lendemain
"vu que le seul opposant, Labarre ou son représentant ne se sont pas manifestés."

Une lettre de Labarre arrive à quatre heures de relevée (après-midi): "est opposant et s’oppose formellement par ces présentes à ce que soit procédé à la levée des scellés apposés hier si ce n’est en sa présence... en lui laissant le délai nécessaire pour être averti de la dite levée des scellés et se rendre de la dite commune du Châtelet à Paris, distance de sept myriamètres..." Admirons au passage l'efficacité de la Poste; malgré la distance, un peu exagérée de 70 kms, entre Paris et le Châtelet en Brie, l'aller et retour du message s'est fait en une journée.
La dame Veuve Milly, assistée du S. Delamotte, son avoué, a répliqué que
"c’est la première fois qu’on a vu un débiteur presenter avec avec un acharnement aussi indécent son créancier, et vouloir sans droit et sans qualité assister à un inventaire auquel il est parfaitement étranger."
Le 12 fructidor au soir, le juge Fariau demande un jugement en référé pour le jour suivant par le président du tribunal civil du département de la Seine.
Le 13 fructidor, le président juge du tribunal, Thomas Berthereau, déclare qu
"il sera procédé et passé outre aux opérations de levée des scellés et inventaires dont il s’agit hors la présence du Sr Malafait".
La pauvre veuve qui n'avait pas besoin de toute cette agitation après le décès de son époux, semblait tellement épuisée qu'au lieu de signer A. Milly née Doüillon, elle parapha le dernier document "Douïlly" .
L'inventaire se fit plus tard sans Labarre et confirma la créance de 5.000 francs.

Tous documents sur Louis Lézin de Milly: recherches de M. Alexandre Blondet que je remercie.

Ennuis financiers ou conflit familial? Bousculons un peu la chronologie afin de garder le plus croustillant, le plus "people" pour la fin, comme dans les séries télé. Sautons directement à 1822; Etienne Labarre est mort entre 1817 et cette date. S'agit-il de ce Labarre décédé le 28 septembre 1821 dans le 10° arrondissement parisien d'alors? Rien n'est moins sûr. On ne trouve pas sa trace au Châtelet en Brie, et les archives de Paris sont lacunaires. Où chercher?
En 1822, comment interpréter le mariage de sa fille Catherine Rachel, fille majeure et légitime de feu Etienne Labarre et Marie Elisabeth Lefèvre "légitimée par le mariage subséquent de ses dits père et mère". Elle épousa Jean Baptiste Cécile Werger, 42 ans. Sous les drapeaux depuis 1803, simple soldat, il gravit peu à peu les grades jusqu'à celui de Capitaine à la Légion de Seine et Marne en 1816; membre de la Légion d'Honneur en 1813; à la retraite lors de son mariage. Il n'arrêta pas de se faire taillader et perforer. Qu'on en juge: "blessé d'une balle au grand pectoral 1806, d'une balle au bras gauche et de trois coups de sabre dont deux à la tête et l'autre sur la main... une balle à la partie supérieure de la cuisse droite qui en fracture incomplètement le fémur... idem d'une balle au col... idem d'un boulet à la partie latérale supérieure de la cuisse gauche... idem d'une balle à l'aine gauche en 1815..." Etat des services 73° régiment d'Infanterie 1816

Le fait d'épouser un valeureux soldat n'a, bien sûr, rien de surprenant. Ce qui l'est plus est l'âge de l'épouse. Elle frôlait l'âge canonique, celui où les femmes étaient censées avoir perdu leurs attraits et avaient la permission d'être au service d'un prêtre. Catherine Rachel avait trente neuf ans. Pas de mention de veuvage, Catherine était donc "vieille fille". Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de convoler? Peut être le manque de charme de l'ex-jeune fille. Peut être aussi le manque de dot, qui aurait permis un "beau" mariage; si Etienne Labarre était dans les ennuis financiers, il n'aurait certes pas eu envie d'offrir une forte somme pour le mariage de sa fille. Catherine Rachel a-t'elle attendu le décès de son père pour avoir la possibilité de se marier? Ce ne sont qu'hypothèses.

La sémillante Victoire
Tire à son tour par en bas
Un guerrier couvert de gloire,
Bravant l'horreur du trépas.
Elle ajuste son échelle,
Pour obtenir cet amant
Sans regret plus d'une belle
A la ville en fait autant.

Chanson: l'arbre d'amour.
Imagerie Pellerin Epinal

Elisabeth Lefèvre, épouse Labarre, avait quitté le domicile conjugal, sans pour autant divorcer. En 1815, il est noté: "épouse séparée de corps et de biens du sieur Etienne Labarre retirée à Melun", plus précisément, rue de l'Hôtel de Ville, où elle décédera en 1828 à l'âge de 81 ans. Nul ne connaît les motifs de la séparation. A Melun se trouvaient aussi sa fille Madeleine Thérèse et son époux Adrien Joseph Hypolite Delacourtie qui résidaient rue du Presbytère; son petit fils Jean François, était confiseur dans la même ville. Catherine Rachel, ayant épousé Jean Baptiste Cécile Werger à Melun, résida ensuite à Fontainebleau. On n'a pas de traces des deux filles nées au Châtelet: Adélaïde Marie née en 1788 et Justine Denise Elisabeth née en 1790. Ne reste plus au Châtelet que Pierre François, mais les relations avec le père étaient tendues, c'est le moins qu'on puisse dire.
"Monsieur. J'apprends à l'instant la nouvelle fâcheuse du décès de Monsieur Milly parent de ma femme née Lefèvre. Il laisse deux enfants mineurs. La loi en ordonnant qu'il sera nommé aux mineurs des subrogés tuteurs charge implicitement tous les parents de faire faire les actes conservatoires nécessaires au maintien de leurs intérêts. Je vous prie de vous rendre au reçu de la présente auprès de Monsieur le Juge de Paix du septième arrondissement et de le requérir d'apposer les scellés sur les effets et notamment sur les papiers délaissés par Monsieur Milly. "
8 fructidor an XII 26 août 1804, lettre d'Etienne Labarre à son avocat (archives de Paris, D7U1-48)

En essayant d'embobiner la veuve et l'orphelin de Louis Lézin de Milly, Etienne Labarre ne se doutait pas qu'il allait tomber sur un os! Les réseaux que l"Américain" avait tissés montrèrent leur efficacité, même après sa mort. "L'époque est à la mise en place de l'Empire, suite aux attentats avortés du clan Cadoudal, et la police est omnipotente. Le conseil de famille comprend Comminges, Champein, ancien codirigeant du Bureau Central (future préfecture de police) et Mercadier, représentant et grand dignitaire du Grand Orient. Le Juge de Paix, Fariau est un obligé de Milly qui lui avait donné un poste en 1798. Et même le notaire, Lenormand, s'était installé dans le quartier lorsque Milly y contrôlait tout, et son épouse était une Gravier, comme par hasard apparentée au beau-frère de Milly..." correspondance avec Alexandre Blondet
Le "subrogé tuteur des enfants, le Sr Comminges, commissaire de police de la division de la Butte des Moulins à Paris" s'était rendu célèbre en arrêtant, cette même année 1804, le général Pichegru, l'un des conspirateurs contre Napoléon, tous deux représentés sur cette image d'Epinal. Pour reprendre l'expression de M. Blondet, qui prépare un ouvrage sur Milly: "Voir ainsi Labarre se lancer dans une procédure judiciaire face à tant de connaissances influentes de Milly, véritable panier de crabes, me fait presque avoir de la sympathie pour lui."

Le lundi 22 mai 1815, à l'heure de midi, maître Antoine Henry Jules Bernard, notaire à Melun, François Alexandre Couillard vigneron au Châtelet et Pierre François Duvau vigneron, se présentent à la porte de Bois Louis. Ils ne sont pas reçus par Etienne Labarre, et ne peuvent rencontrer, dans la cuisine, que Marie Madelaine Eléonore Boutonnet. Ils ont dû se contenter de laisser à la fille Boutonnet "copie des présentes pour servir de notification à M. Labarre père". Pour prouver qu'ils se sont bien rendus à Bois Louis, est jointe une description sommaire de la pièce où ils ont pu pénétrer: "dans la cuisine étant au rez de chaussée éclairée par une croisée donnant sur les bois et dans laquelle cuisine on entre par une porte au près de l'escalier."

L'acte qu'ils ont essayé de présenter à Etienne Labarre était une "sommation respectueuse" sollicitée par son fils Pierre François. Même ayant atteint la majorité pour le mariage, les jeunes gens étaient tenus de solliciter le consentement des parents récalcitrants par un "acte respectueux" présenté par un notaire, plus témoins, par trois fois pour les hommes entre vingt- cinq et trente ans (de 21 à 25 pour les femmes), avec un mois de délai entre chaque acte. Après trente ans, un seul acte était encore requis. Pierre François avait 37 ans, pourtant il sollicitait le consentement de son père; il allait obtenir celui de sa mère, séparée de son époux, par acte du 14 juin, chez le même notaire. "... le requérant demande respectueusement le Conseil de M. son père sur le mariage qu'il se propose de contracter avec Anne Louise (Pelle Pele, rayé) Peltier fille majeure de feu Jacques Peltier vigneron et de Marie Anne Saulnier décédée, son épouse. qu'il se propose également de demander aussi le Conseil de Elisabeth Lefèvre sa mère, épouse séparée de corps et de biens du sieur Etienne Labarre retirée à Melun. Dont acte."
minutes du notaire Antoine Bernard de la Fortelle, Melun. AD77 217 E 261 n°173

Texte intégral de la sommation respectueuse et acte de mariage

Comme Labarre père, Labarre fils avait eu une progéniture hors mariage avec Anne Louise Pelletier: en 1815, année du mariage, l'aîné, Jean François, était déjà un adolescent de treize ans; "le second en date du 21 juillet 1806 sous le nom de Madeleine Elisabeth Eufrasie, le troisième en date du 23 décembre 1808 sous le nom d'Antoine Télémaque et le quatrième en date du 14 mars dernier sous le nom de Louise Elisabeth Iphigénie... lesquels quatre enfants ils reconnaissent pour leurs fils et filles."mariage le 8 juillet 1815 Etat civil le Châtelet en Brie AD77 5 Mi 1914 p 22 à 24 Un cinquième enfant était né hors mariage, Louise Iphigénie, née le 22 mars 1813 et décédée le 10 juin 1814 au Châtelet. Pierre François était en ménage avec une fille de vigneron du Châtelet en Brie, Anne Louise Pelletier. A l'époque de son mariage, il était cultivateur, on le retrouvera marchand épicier "Grande rüe près de la place du puits de l'Echelle", au carrefour principal du Châtelet, là où, un siècle plus tard, se trouvait encore une épicerie. Ses fils seront confiseurs.

Plus de détails à la page "traces des marchands de bois"

Pourquoi Etienne Labarre s'opposait-il au mariage de son fils? En l'absence d'écrits personnels (journal, livre de raison, note marginale...) il faut de contenter de la sécheresse des documents officiels et tenter de lire entre les lignes.
Une hypothèse est qu'Etienne avait réussi à cacher les frasques de ses années antillaises et la naissance illégtime de ses enfants. Ayant acquis une position sociale de premier plan, en Seine et Marne, il n'avait peut être pas envie que sa morale de "Juge de paix et principalement comme ami de l'ordre" puisse être entachée. L'annonce d'un mariage sous entendait au minimum, l'affichage en mairie dans le cas d'un mariage civil et l'annonce trois semaines consécutives au prône de la messe dominicale, dans le cas d'une cérémonie religieuse; tout le Châtelet aurait pu tomber sur les expressions
"illégitime" ou "légitimé par le mariage subséquent de ses dits père et mère".

"Pierre François Labarre, garçon majeur né en la paroisse de Notre Dame de Bon Port du Mouillage de Saint Pierre isle de la Martinique le 14 juin 1778, suivant qu'il appert d'une déclaration faite au directoire du ci-devant district de Melun, du 24 septembre 1793, demeurant au Châtelet, lequel est dans l'impossibilité de représenter son acte de naissance. "
Etat civil le Châtelet en Brie AD77 5 Mi 1914 p 22 à 24

Etienne Labarre, alors très influent, avait pris la précaution de faire établir des actes bien avant d'en avoir besoin; âgé de seulement 15 ans, Pierre François n'avait pas vraiment l'usage d'une pièce officielle. A noter que cette procédure n'avait rien d'inhabituel: son associé Louis Lézin de Milly n'avait pas pu présenter d'acte de naissance à l'occasion de son mariage en 1794, remplacé par un acte de notoriété passé devant le juge de paix de la section Lepelletier.

Quelque temps après le mariage de son fils, en 1817, Etienne Labarre revend Bois Louis: "le 1er mai 1817, M. Étienne Labarre vend le domaine à M. Louis-Narcisse Royer, négociant." Si l'on imagine qu'il a perdu la face à la révélation de l'illégitimité de ses premiers enfants, les faits pourraient être liés; Etienne Labarre aurait quitté ce bourg où il était trop connu. Mais ce n'est qu'une hypothèse parmi d'autres. Peut être, âgé de 61 ans, avait-il cessé ses activités de marchand de bois en Brie, peut être avait-il subi des revers de fortune, peut être voulait-il investir autre part? Nul ne le saura avant d'avoir trouvé l'acte correspondant, s'il existe.

La rupture des relations avec les îles, due aux guerres révolutionnaires puis au Blocus continental, avait dû arranger ses affaires.
En 1802, quand sa fille Marie-Thérèse se marie, sa date de naissance est notée mais non le lieu. Un acte rédigé par le juge de Paix de la division de la Butte des Moulins, coupé par le pli de la page mentionne:
"1° que la .. a l'âge.. par la loi 2° qu'elle ne peut .. l'acte qui .. date sa naissance .. attendu que l'isle de la Martinique dans laquelle elle est née est au pouvoir des Anglais."
Etat civil le Châtelet en Brie AD77 5MI1912 p 40

Cette petite enquête a avancé au fil des documents découverts: au départ, Etienne Labarre n'était qu'un simple marchand de bois parmi d'autres, sa biographie s'est étoffée au fil des trouvailles: huissier en Martinique, représentant du Châtelet pour les cahiers de doléances, juge de paix, administrateur départemental, châtelain de Bois Louis, associé à la morale élastique, mari et père au caractère bien trempé...
Etienne Labarre ne sort pas grandi des documents qui révèlent sa vie, mais il en existe peut être d'autres qui révéleraient une autre facette du personnage... ou d'autres qui l'accableraient encore plus. A suivre...

 

Nouvelles pistes à creuser...

Etienne Labarre est décédé entre 1817 et 1822. En 1819, naît Adolphe, nouvel enfant de Pierre François avec qui Etienne semblait être fâché à mort. Or le second prénom de ce garçon est Etienne, comme son grand-père. Pour imaginer une réconciliation (même posthume) entre le père et le fils, il faudrait être certain que le parrain de l'enfant ne se nomme pas lui-même Etienne, et que ce second prénom ne serait pas un hommage à celui qui l'a tenu sur les fonds baptismaux. Hélas, les registres manquent: "Je suis au regret de vous informer que je n’ai pas pu retrouver l’acte de baptême de Pierre Etienne Adolphe Labarre, né en 1819. Les registres paroissiaux du Châtelet en Brie manquent de 1809 à 1822." mail de l'Evéché de Meaux
Quant aux témoins cités dans l'acte d'Etat Civil, ce sont les mêmes que pour l'acte précédent du registre et ne sont donc pas représentatifs. Son commerce d'épicerie étant proche de l'ancienne mairie, Pierre François Labarre figure d'ailleurs aussi sur cet acte. Les témoins étaient-ils ceux de la fille du berger Bonvalet ou du petit fils Labarre? Jean Antoine Jacquemard, qui signe très maladroitement Gacmar sur les deux actes, est d'ailleurs le grand père de la petite Bonvalet. On ne sait donc pas en l'honneur de qui le prénom Etienne fut donné à l'un de ses descendants.
Etat civil le Châtelet en Brie 5 mi 1914 p 174

Autre piste à creuser: en juillet 1820, ce même Pierre François Labarre sollicite en mairie du Châtelet un passeport pour l'intérieur afin de se rendre à Nantes. Archives de la Mairie, le Châtelet. merci à SHCB
Rien n'indique ce qu'il allait y faire. Peut être s'y rendait-il pour son commerce d'épicerie? Mais Nantes était surtout un port, bien connu pour son commerce triangulaire avec l'Afrique et les Amériques, dont les Antilles où Etienne Labarre avait vécu, et île d'origine d'Elisabeth Lefèvre, épouse d'Etienne. On perd trace de Pierre François jusqu'à la mention de son décès, chez son fils, à Melun en 1836. Tout est envisageable, jusqu'à ce qu'un acte probant soit découvert. A suivre...

  Les voituriers par terre /20 : Les marchands de bois
  Doc: Traces des marchands de bois
  Doc: sommation respectueuse

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