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Troubles sur les
marchés aux Bleds de Nangis

Arthur Young en 1789

 

En juin 1789, Arthur Young, agronome anglais de passage à Nangis, le gros bourg proche de la Chapelle, chez le marquis de Guerchy note:

" Des familles entières, dans la plus complète détresse; ceux qui travaillent n'ont qu'un salaire insuffisant pour se nourrir, et beaucoup ont bien de la peine à en trouver du tout. "

" J'interrogeai M. de Guerchy sur ce que l'on m'avait dit; il déclara que c'était la vérité. Par ordre des magistrats, et pour prévenir l'accaparement, personne n'est autorisé à acheter au marché plus de deux boisseaux de blé. Pour qui a le sens commun, il est clair que de pareilles réglementations ont une tendance directe à accroître le mal, mais c'est en vain que l'on voudrait raisonner avec des gens dont les idées sont fixées d'une façon immuable. Le jour du marché, je vis le blé vendu conformément à ce règlement, avec un piquet de dragons au milieu de la place pour empêcher toute violence. Le peuple se dispute avec les boulangers, prétendant que les prix qu'ils demandent pour le pain sont hors de proportion avec ceux du blé; des injures, on passe aux coups; c'est l'émeute, et l'on se sauve avec du pain et du blé sans rien payer; c'est arrivé à Nangis et dans maints autres marchés; la conséquence, ce fut que ni cultivateurs, ni boulangers ne voulurent rien apporter, jusqu'au moment où il y eut danger de famine, et, quand cela arriva, les prix, par suite des circonstances, montèrent énormément, ce qui aggrava le mal, au point que des troupes furent réellement nécessaires pour donner quelque sécurité aux gens qui approvisionnaient les marchés. " Arthur Young Voyages en France 29 juin 1789

 

  Texte intégral d'Arthur Young sur abu.cnam.fr

 

"Régistre des causes ordinaires et extraordinaires du tribunal de la municipalité de la ville de Nangis comancé le 21 9bre 1791" AD77 UP 2310